Les tsiganes dans la guerre

Le Centre de recherches en hygiène raciale et biologie des populations, 1936

Parcours du MEMORIAL de Caen.

Marie-Christine HUBERT, Le génocide tsigane en Europe, in http://www.memoires-tsiganes1939-1946.fr/genocide.html[1]

Le Centre de recherches en hygiène raciale et biologie des populations créé en 1936 au sein des Services de Santé du Reich mais dépendant du ministère de l'Intérieur et dirigé par le docteur Robert Ritter reçu la mission de recenser tous les Tsiganes du Reich en utilisant l'anthropométrie et la généalogie.

En 1944, 30 000 expertises avaient été établies ; la quasi-totalité des Tsiganes du Reich avaient été recensés et fichés. Les données accumulées lors de ces expertises permirent au docteur Ritter d'établir une classification précise des Tsiganes en août 1941.

FondamentalClassification des Tsiganes établie par le docteur Ritter :

Joachim S. HOHMANN : "Le génocide des Tsiganes", La politique nazie d'extermination, Paris IHTP, Albin Michel, 1989, p. 269.[2]

"Z (Zigeuner) : Tsigane (c'est-à-dire de véritable et pur sang tsigane).

"ZM + ZM (+) (Zigeunermischling) : Plus qu'à moitié tsigane (c'est-à-dire métissé, mais au sang tsigane prédominant).

"ZM (Zigeunermischling) : Semi-tsigane (à part égale de sang tsigane et de sang allemand). Cette catégorie se subdivise elle-même en deux sous-groupes :

1) "ZM de premier degré", dans le cas où l'un des parents est  pur tsigane et l'autre allemand.

2) "ZM de second degré", dans le cas où l'un des parents est  "ZM du premier degré" et l'autre allemand.

"ZM_ ou ZM (_) (Zigeunermischling) : Plus qu'à moitié allemand (c'est-à-dire métissé, mais à sang allemand prédominant).

"NZ (Nicht-Zigeuner) : Non-Tsigane (personne à considérer comme étant de sang allemand)."

Parcours du MEMORIAL de Caen Génocides et violences de masse

Les conclusions du centre de recherche

Marie-Christine HUBERT, Le génocide tsigane en Europe, in http://www.memoires-tsiganes1939-1946.fr/genocide.html

Le Centre de recherches en hygiène raciale considérant qu'une majorité des Tsiganes était en fait des métis (Mischling) concluait qu'ils étaient des asociaux par leur mode de vie et une race hybride par leur métissage biologique, ce qui impliquait qu'aucune "rééducation" n'était possible. L'équipe du docteur Ritter proposait d'ailleurs de tous les stériliser pour solutionner la question tsigane. Peu à peu, les Tsiganes subirent le sort réservé aux Juifs : les mariages mixtes furent interdits, les enfants exclus de l'école, les adultes de l'armée, les travailleurs soumis à un impôt spécial, etc.

Parcours du MEMORIAL de Caen, Génocides et violences de masse.
  1. Marie-Christine HUBERT, Le génocide tsigane en Europe, in http://www.memoires-tsiganes1939-1946.fr/genocide.html

    Depuis la fin du XIXème siècle, les Tsiganes allemands, majoritairement sédentaires, étaient devenus l'objet de toutes les attentions de ceux qui dénonçaient le "fléau tsigane" (anthropologues, linguistes, folkloristes) et notamment des services de polices qui entreprirent de les recenser et de les mettre sous étroite surveillance. Ces mesures n'avaient qu'un seul objectif : marginaliser toujours plus les Tsiganes.

    L'arrivée des Nazis au pouvoir ne marqua pas une rupture avec la politique précédemment poursuivie. Ils achevèrent de fédérer les différentes législations anti-tsiganes des Länder, assimilèrent les Tsiganes aux asociaux, ce qui leur permit de toucher les sédentaires et mirent au point une définition raciale des Tsiganes devant permettre l'éradication définitive du "fléau tsigane".

  2. Joachim S. HOHMANN : "Le génocide des Tsiganes", La politique nazie d'extermination, Paris IHTP, Albin Michel, 1989, p. 269.

    Classification Tsigane.

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