kit d'interrogatoire

malette d'interrogatoire de la Stasi

La RDA était un état totalitaire dont l'un des piliers était sa police politique et de renseignement, la Stasi, au nom tristement célèbre et représentatif du régime est-allemand. Ce service naît en 1950 dès les premières heures de l'Allemagne de l'Est et s'inspire des méthodes du KGB, service de renseignement soviétique.

La Stasi (abréviation de Ministerium für Staatssicherheit) a pour mission de garantir le contrôle du parti communiste sur la population. Cela se traduit dans les faits par une surveillance de toute la société (à l'école, dans l'entreprise , dans les magasins…) de manière à connaître les activités et les opinions de la population. Il s'agissait de détecter et d'éliminer toute forme d'opposition politique. Tout le monde était donc potentiellement suspect et les agents de la Stasi vérifiaient le courrier ou mettaient de nombreux téléphones sur écoute.

La Stasi comptait environ 91 000 agents officiels et près du double, soit environ 175  000 d'informateurs non officiels recrutés dans la population par volontariat ou par pression. Ce nombre élevé d'agents permet un espionnage très efficace même s'il se fait discret. De plus, la Stasi dispose de nombreuses caméras de surveillance, de micros et d'un matériel technologique de surveillance. En RDA, on pouvait, par exemple, se faire espionner par ses voisins et il fallait rester plus que discret sur ses opinions, sur son envie de fuir en RFA ou sur la critique des autorités…

A partir de cet espionnage, un fichage impressionnant des habitants de RDA a été réalisé : plusieurs centaines de milliers d'entre eux sont concernés. De quoi refroidir les « Ostalgiques » !

Un service répressif

La Stasi pouvait arrêter et emprisonner toute personne qu'elle suspect d'opposition politique ou de vouloir fuir à Berlin-Ouest. Il y avait 17 prisons de détention préventive où se trouvaient toujours en moyenne 30 000 personnes toutes prisons confondues.

Les suspects y subissaient des interrogatoires interminables et les agents de la Stasi usaient de violence psychologique plus que physique (même s'il y a eu des actes de torture physique).

Par ailleurs de nombreuses pressions étaient exercées pour briser des débuts d'opposition politique. La Stasi forçait certains à démissionner ou à abandonner leurs études. Enfin des personnes arrêtées devenaient des informateurs non officiels pour la Stasi pour retrouver la liberté. Ces derniers, en plus des informateurs volontaires, contribuaient à renforcer l'emprise idéologique de l'Etat.

Au moment de l'effondrement du régime, les Allemands de l'Est dans leur démarche de « Révolution pacifique » se sont attaqués très rapidement aux bâtiments de la Stasi à Berlin, qui représentaient tout particulièrement à leurs yeux, le manque de libertés dont ils souffraient.